Lorient 2006 : 2B/3A : Tanguy Leroux
Les commentaires de Tanguy Leroux - juge d’ensemble chargé des percussions accompagnés de sa grille d’évaluation.
Grilles d’évaluations pour pupitre percussion.
Avant d’aborder les commentaires spécifiques à chaque groupe et les critères que j’ai retenus pour établir le classement demandé, j’aimerais mettre en avant l’incidence sur le résultat du concours provoquée par les intempéries sur Lorient ce samedi matin. L’ensemble des groupes s’est préparé depuis de longues semaines pour une prestation en plein air. Le lieu de repli qui a été retenu, à savoir le chapiteau « cabaret », offrait des caractéristiques bien différentes que celles attendues par les bagadou et par ceux à qui l’on a demandé de juger leur prestation. Les groupes en ont souffert, les juges aussi. Le placement initialement prévu en vue de la prestation a été perturbé notamment pour les groupes à fort effectif. Notre écoute a été difficile aussi et le fait que nous soyons placés en contre bas de la scène n’a pas facilité le jugement, en ce qui concerne les percussions en particulier. Ceci pour dire que le classement n’aurait peut être pas été le même si le concours s’était passé en extérieur, il faudra donc relativiser tout ce qui pourra être dit ci-après, l’humilité me semble particulièrement de mise dans un tel contexte.
Maintenant, tous les groupes ont été placés dans les mêmes conditions de jeu, l’équité a donc été respectée, contrairement à ce qui a pu se passer au Moustoir dans les catégories supérieures où certains groupes ont joué sous l’averse… Donc je pense que les groupes qui ont su se distinguer ici sont ceux qui ont su le mieux s’adapter au changement de lieu du concours.
Le tuilage permet de vérifier sur une prestation courte si l’équilibre des catégories est bien respecté. Pour ma part, ayant jugé les groupes de 3eme à Pontivy, il m’a semblé que ceux-ci étaient moins prêts que lors de l’épreuve de printemps, cette impression a sans doute été renforcée par l’acoustique déplorable dont nous avons tous souffert, vous pendant une dizaine de minutes, nous pendant plus de trois heures de concours. Pour ce que j’ai entendu, d’une façon générale sur ce concours, les groupes de seconde m’ont semblé, dans le domaine que j’avais à examiner c’est à dire le rôle des percussions au sein de l’ensemble bagad, supérieurs à ceux de troisième, seul Karreg an tan ayant réalisé une prestation de valeur équivalente à celles de la catégorie supérieure. Si on se réfère à ma grille (notation sur 60) on constatera que les 7 premiers groupes sont très proches puisqu’ils se tiennent en deux points (de 51 à 49). Aussi on peut mesurer l’importance que revêt alors le classement par places plutôt que par notes, les écarts entre le premier et les cinquièmes par exemple prenant une ampleur disproportionnée vis-à-vis de l’écoute des différents jeux, très proches qualitativement lors de ce concours. Mais bon, B.A.S. dicte les règles de ses concours, on les accepte ou on ne joue pas.
Pour ce qui est de ma fonction de juge percussion, j’ai utilisé une grille de compétences qui me semble définir les grands domaines à apprécier et qui répondent à quelques questions simples (j’ai utilisé la même grille lors du concours de Pontivy).
1 Les sonorités restituées et le placement sur scène :
Distingue-t-on au sein de la section rythmique (percus et caisses claires) les 3 éléments, à savoir la basse, les autres percussions le plus souvent sous forme de racks, et les caisses claires ? Distingue-t-on aussi les pupitres bombardes et cornemuses autant que les rythmiques ? Les percussions ne sont-elles pas surpuissantes par rapport aux cornemuses, bombardes ou les caisses claires ? Leur jeu n’est-il pas trop couvert au contraire, de peur qu’on ne perturbe la perception d’ensemble du groupe ? Il faut trouver le juste dosage et les groupes qui ont su apprécier cet aspect de la présentation en tirent bénéfice au classement final.
2 L’exécution de la suite, les interventions :
Indépendamment des sons, ici j’ai concentré mon attention sur les choix et l’exécution des partitions. Peu d’éléments vraiment techniques ont été retenus, c’est volontaire car la technique est un moyen, pas une fin. Si la maîtrise technique existe, cela s’entend et cela permet de jouer avec une assurance certaine et en général ça favorise l’expression et la mise en valeur de la musique jouée surtout si les nuances sont respectées pour un bon équilibre du son dans le groupe.
3 Le jeu des percussions valorise-t-il la musique de l’ensemble bagad ?
Ici en fait on va retrouver une synthèse des remarques faites précédemment. C’est peut-être la partie la plus subjective de ma grille même si elle se base sur des critères précis et sur les annotations que j’ai pu prendre sur les programmes interprétés. La question essentielle est de savoir si vous constituez pour votre groupe une bonne assise rythmique, si le « message » passe sans abus ou lourdeurs inutiles, si votre jeu est complémentaire de celui des caisses claires, si la basse est bien le relais du chef d’orchestre ( penn soner) au sein du groupe, si par votre jeu de percus, des « couleurs chatoyantes » sont apportées à la musique du bagad. Au sein du pupitre percussions, il me semble essentiel de ne pas négliger la basse et son rôle central. Etant le relais du penn-soner c’est elle qui définit le cadre, les autres percussions étant là pour apporter les couleurs… Il ne faut minimiser ni le rôle de l’un ni celui des autres.
L’utilisation des percussions au sein du bagad a connu ces dernières années une évolution certaine et chaque groupe a mené diverses expériences à la recherche d’un équilibre des sons.
Ma grille est un outil parmi d’autres qui existent ici et là. On peut sans doute l’affiner, l’adapter en fonction de sa perception du jeu de percussions en bagad. Je serais personnellement ravi d’en discuter le contenu si BAS met en place une réflexion sur le sujet.
Ci joints quelques commentaires et les grilles de chaque groupe
Dans cette prestation d’aujourd’hui, 4 groupes pour moi se dégagent en percussion car je considère qu’ils ont permis à leur bagad de s’exprimer en toute sérénité avec un cadre rythmique bien établi en soutien, suffisamment audible et bien dosé selon moi : il s’agit de Keriz, Dol, Plabennec et St Pol. Retrouver trois de ces quatre groupes en haut de tableau au moment du palmarès conforte mon jugement.
Les quatre groupes cités ci-dessus étaient pour moi d’une valeur très proche et j’ai décidé de privilégier Keriz car c’est sans doute la suite qui m’a plu le plus dans ce concours (ce qui ne veut pas dire que les trois autres m’ont déplu…)
Après une entrée correcte sur la 1ere ronde (jeu en place malgré de multiples mouvements entre les différents fûts et déjà bien dosé), le jeu s’affirme à mesure que l’on avance dans la suite. Le break rythmique qui commence la 2ème ronde est bien en place. La percussionniste assure un bon soutien (même si la tendance naturelle à beaucoup en mettre quand on joue seul (e) est constatée ponctuellement). Le jeu de basse est « soft » mais est bien justifié et de plus, varié. L’enchaînement dans la foulée avec la riquegnée est réalisé sans accroc, bravo à la basse notamment. Le bagad est bien soutenu.
Sur la mélodie, vous ne jouez pas, c’est un bon choix, il faut laisser respirer la suite. Sur l’andro, les coups sur le cercle sont à peine perceptibles mais cèdent rapidement leur place à un bon jeu d’ensemble des rythmiques ( percus/CC ) sur les accents notamment. On assiste à un échange demande/réponse entre la basse et les CC pas désagréable, bien équilibré…
Pour la marche finale, les percussions assurent une bonne relance, le soutien de l’ensemble rythmique est bien dosé, ça « swingue » bien : la mise en valeur du programme est incontestable. Félicitations.
Dol a réalisé aussi une très bonne prestation avec un accompagnement original (tambourins et disque ou dôme de cymbale (je n’ai pas pu vérifier, juste entendu) sur la marche au kebab, créant un climat agréable pour l’entrée. Pour une meilleure cohésion de l’ensemble et du pupitre, il aurait été préférable d’installer la basse en position centrale. Cela aurait permis de bénéficier d’un effet stéréo entre les deux racks de percussions. Sur le kas a barh, les lourdeurs ont été évitées, l’accompagnement est léger, bien dosé et c’est en place, le jeu entre la basse et les CC est en lien. Le son de la deuxième basse ne me semble pas très agréable.
Sur la mélodie vannetaise, pas de percussions : c’est bien aussi d’utiliser les silences. L’introduction des rondes de Loudéac n’en est que plus appréciée, ça swingue bien et le travail commun des percussions et de la basse avec les CC est indéniable. On évite la surcharge, et le dosage est satisfaisant. L’usage du djembe ? Pourquoi pas mais j’aurais aimé qu’on entende plus ses sons de basse. Final propre.
Toujours dans les bonnes prestations, Plabennec qui dans sa marche d’entrée « pffft » utilise à bon escient cloches et blocks dans un soutien adapté au duo bombarde clarinette. Je pense néanmoins qu’un passage aux toms du joueur de blocks aurait du être mis en place dès la reprise du thème par le bagad, car les blocks étaient difficilement perceptibles à ce moment-là. C’est en place, ça balance bien, c’est bien dosé et ce n’est pas trop surchargé (attention quand même). Sur la gavotte de l’aven, à chaque intervention du couple les percussions se font discrètes c’est bien. On apprécie la bonne assurance dans le jeu de percussions et une bonne mise en valeur des danses.
La mélodie est jouée sans percussions au départ , c’est très bien, puis un accompagnement feutré et agréable se met en place, on peut juste regretter de ne pas entendre la cymbale «ride» qui pour moi ne peut pas être perçue lorsque le bagad joue en ensemble. Mieux vaut donc éviter son usage dans ces conditions. La gavotte pourlet est enchaînée sur une attaque assez douce et en place. Il y a un bon jeu entre les CC et les percussions sans faute de goût. Le dosage de la frappe par rapport au reste de l’ensemble est adapté. En synthèse donc, le pupitre percussions de Plabennec a permis une mise en valeur de qualité de la musique interprétée en ne négligeant pas les phases de silence justifiées. Bravo.
Enfin, j’ai placé également au même rang que Dol et Plabennec, les percussions de St Pol de Léon que j’aurais peut être placés devant si le dosage adopté en début de suite avait été conservé jusqu’à la fin. En effet j’ai regretté sur les derniers plinn qu’une certaine « surpuissance » s’installe, même si l’ensemble du groupe avait beaucoup de volume-son (pas seulement les percussions). Le dosage de la frappe en début de suite m’est apparu bien meilleur sur une marche très en place. J’ai apprécié également l’intervention efficace de l’ensemble des toms basses avec les percussions. Sur le 1er plinn le jeu des deux percussionnistes s’avère complémentaire. La mise en place est nette, le dosage est bon, il faudra aérer par moments la partition pour mieux respirer et apprécier encore davantage les interventions. Sur la berceuse, je m’interroge sur l’utilité de mettre autant de toms, bon ça passe mais ça aurait pu être l’occasion de s’aménager des temps de silence pour mieux accompagner certaines phrases (de votre choix) en particulier. Et donc pour le final c’est certes en place mais je regrette ce dosage moins réussi qu’en début de suite. Du bon travail sur l’ensemble, néanmoins.
Ensuite, j’ai réuni dans un second groupe, Cesson Sévigné, Bubry et Karreg an tan.
Le cas de Cesson est particulier, c’est sans doute parmi les groupes présents aujourd’hui celui qui en percussions a le potentiel le plus élevé techniquement, un effectif fourni, un véritable ensemble de percussions. Mais l’interprétation de bonnes partitions a été jouée sans respecter l’équilibre des sons du bagad. Vous êtes sans doute le point fort de votre groupe avec les CC mais à force de vous mettre trop en avant, vous avez peut-être oublié que vous jouiez avec deux autres pupitres qui méritent aussi d’être entendus. De même la basse qui devrait être le point central du pupitre et même du bagad était caché par le pupitre bombardes, et n’étant pas surélevée, on a eu de la peine à la percevoir. Je sais que vous n’êtes pas responsable des conditions de scène (manque de praticables pour vous dû à une abondance de matériel) mais ça a été votre choix de privilégier les racks par rapport à la basse et à mon avis c’est une erreur. Ceci ne remet pas en cause la valeur du pupitre et du travail effectué. Il y a beaucoup d’énergie dans ce pupitre qui joue en place, mais les accents et l’ensemble du son produit en ensemble bagad demande selon moi à être plus modéré. C’est essentiel pour la musique. Les idées sont riches, vous devez les faire apprécier (j’aurais aimé entendre les congas placés devant mais couvertes par le jeu de percus de fond de scène par exemple). Une prestation en extérieur vous aurait, je pense, favorisés mais il faut savoir s’adapter aux circonstances, et là, ça n’a pas été le cas.
Le duo basse / percussions de Bubry en pratiquant un jeu sûrement moins complexe mais en ayant su doser davantage la frappe a apporté au bagad un soutien de bonne qualité et a pu mettre en valeur la suite interprétée. Après un début assez timide dans la marche, mais cependant en place, le percussionniste a montré davantage d’assurance dans le kas a barh, utilisant un bon dosage de la frappe et associant son jeu à celui des CC. Ce lien CC/percussions/ basse s’est confirmé dans l’hanter dro par des nuances exécutées par l’ensemble des rythmiques, des accents communs et un bon jeu de la basse. Voilà un bon soutien pour le bagad avec un dosage intéressant assurant l’équilibre du groupe. Un soutien léger est assuré pendant la transition introduisant la gavotte pourlet, c’est suffisant. Le début de la gavotte m’a paru un peu flou puis basse et percussions assurent un bon soutien par un jeu pas envahissant, aéré qui permet de mieux apprécier les interventions. Le djembe apporte une teinte originale avec le couple avant un final en place.
Sur votre introduction, le jeu est bien balancé et relève la musique du bagad Karreg an tan, mais j’ai trouvé la sonorité du tom basse à moins que ce ne soit la CC ( batterie classique) pas très agréable. La percussionniste étant cachée par l’ensemble des 4 CC, j’avoue que je n’ai pas pu voir quel fût était frappé…
Bon soutien dans le ton simple de la gavotte des montagnes, sur le tamm kreiz, le son des percus est un peu étouffé par le « mur » des CC placées devant. Le ton doubl laisse apprécier le jeu des percussions en lien avec les CC de façon évidente. Je pense néanmoins qu’il aurait été plus judicieux d’utiliser un tom medium par exemple plutôt que la caisse « classique » qui a été exploitée trop souvent. L’équilibre aurait été plus feutré, dans l’association des couleurs des sons. Question de goût je vous l’accorde. Les choix de jeu (partitions) sont justifiés pour une bonne mise en valeur de la musique jouée par Karreg an tan. Le silence sur la gwerz se révèle un choix parfaitement approprié. La marche finale se déroule sans souci confirmant la bonne prestation du pupitre.
Landivisiau et Elven m’ont moins séduit qu’à Pontivy mais ont réalisé une prestation correcte.
La qualité principale du pupitre de Landivisiau est d’avoir su éviter les lourdeurs inutiles dans l’accompagnement et d’avoir su doser la puissance de votre frappe. Sur la marche composée, le jeu est tout d’abord un peu timide mais en place et on note une bonne cohérence entre le jeu des CC et celui des percussions. Sur les premiers ronds pas de souci, bon dosage de la frappe et bonne mise en place. Rien sur le baleu ? C’est bien il faut savoir aussi utiliser le silence dans une suite. Sur les ronds suivants, j’ai senti un peu moins d’assurance et un jeu plutôt timide peut-être du à un léger stress. La riquegnée et la gavotte du bas Léon finale confirment cette légère fébrilité et un manque de conviction dans le jeu par crainte sans doute d’être trop puissants vu le lieu du concours. Globalement, donc on peut vous féliciter pour avoir su aérer correctement les partitions mais regretter un peu ce manque de conviction dans le jeu en fin de suite.
Le jeu d’Elven me semble assez comparable à celui de Landivisiau sur ce concours-ci. Bien en place sur la marche Loeiz, on apprécie les partitions suffisamment aérées sur la danse round même si le jeu technique est simple. Un beau crescendo d’ensemble ouvre les laridés de Baud, le pupitre percussions reste un bon soutien pour le bagad, avec des partitions certes, simples encore mais en évitant le piège de la surcharge aussi. A noter le travail de nuances communes entre percussions et CC. Je regrette qu’on n’ait pas pu pleinement apprécier le son de la basse : posée sur le pied, une partie du son est absorbée alors que si elle avait été portée ça aurait été certes plus fatigant mais on aurait obtenu un meilleur son ( faites l’expérience…).
Vous ne jouez pas sur la mélodie de Bubry, l’option du silence est la bonne.
Sur la danse pourlet, le soutien est en place mais on aurait peut-être aimé un peu plus de présence par moments pour accentuer davantage la vivacité de la danse.
Dans un dernier groupe, j’ai placé Morlaix, Douarnenez, Bourbriac et Glazik Kemper.
En ce qui concerne Morlaix, j’ai constaté d’abord que l’accompagnement s’est effectué sans décalage par rapport à la musique ce qui dans les conditions de jeu subies est positif. Le jeu est en place mais le regret général que j’ai sur cette suite, c’est qu’à part peut être dans la marche finale, on constate une absence de lien entre le jeu de percussions et celui des caisses claires. Un peu comme si chacun avait reçu de son côté les mélodies à mettre en valeur mais qu’aucune réflexion commune n’avait été menée. Résultat, chacun de son côté est en phase avec la musique mais aucune unité n’est trouvée dans les intentions, même au moment du petit break rythmique dans la deuxième ronde. Le jeu de percussions a été un peu aéré par rapport à Pontivy. Cependant sur la fin de la mélodie, le phrasé mis en place apporte peu, le silence n’aurait pas été gênant. Si je peux me permettre de donner un conseil donc, ce serait de travailler davantage avec les CC pour une cohésion des rythmiques, ce qui ne veut pas dire qu’il faut forcément ne faire que cela systématiquement. Inspirez vous de vos intentions sur la marche finale où les CC passant aux diverses percussions « main » en compagnie du djembe ont donné de l’unité à la rythmique, ce travail est aussi possible avec les CC.
Pour Douarnenez, j’ai apprécié le début de la suite (bons roulements de cymbales, ensemble agréable CC / percussions sur l’entrée dans la danse plinn). Pas de problème de mise en place, l’usage de baguettes adaptées (cf commentaires de Pontivy) a permis une meilleure écoute. Les partitions sont simples mais assez rigides dans leur découpage, avec le risque de lourdeurs que ça peut entraîner.
Il est clair que vous êtes fidèles à des convictions qui vous semblent cohérentes, où la CC doit dominer l’espace rythmique. C’est un choix qui me semble judicieux en pipe band (la marche que vous jouez en milieu de suite, même accompagnée de bombardes sonne très scottish dans son interprétation), mais moins bien adapté en musique de bagad. Sur la dérobée par exemple, le jeu de percussions ne favorise pas du tout l’esprit « dansant » de ce répertoire. Le jeu de percussions m’a semblé un peu simple pour la catégorie jugée et je regrette que ce soit un domaine sous-investi dans votre groupe, on pourrait permettre une meilleure mise en valeur de votre musique en osant un peu plus.
La suite jouée par Bourbriac m’a semblé agréable. Le jeu de percussions est en place par rapport à la musique mais il ne la met malheureusement pas vraiment en valeur. Sur l’introduction mazurka, le jeu sur la CC a eu tendance à alourdir la danse, il aurait peut-être été plus judicieux d’utiliser le cercle de la caisse sur une même rythmique. Sur la suite plin, la tendance est à beaucoup « remplir », tendance fréquente quand on a un seul percussionniste en plus de la basse, et à trop systématiser le jeu de descentes de toms. Il faudrait varier davantage le jeu. Aérer la partition permettrait sans doute de mieux valoriser vos interventions. Sur le bal, la basse est bien en place comme dans l’ensemble de la suite mais elle ne sonne pas suffisamment. Le ton doubl bien introduit par le jeu sur le cercle des CC est plus aéré c’est mieux, il faudrait s’en inspirer car la multiplication des coups ne permet pas de faire ressortir suffisamment les accents qui vont valoriser votre musique.
Le fait de débuter le concours dans les conditions que l’on sait n’a sans doute pas favorisé Glazik Kemper. Le stress était perceptible dans l’introduction aux blocks qui n’était pas bien en place. Avec le début de la marche jouée en bagad, c’est davantage en place mais l’impression générale est que vous « suivez » la musique plus que vous ne la valorisez. C’est certes bien mais dans la catégorie où vous évoluez dans ce concours, ça ne suffit pas. Le jeu de descentes de toms est ici assez systématisé ainsi que dans la gavotte. Dans celle-ci, c’est en place aussi, mais la netteté des frappes est insuffisante, l’acoustique du lieu ne vous rend certes pas service. L’équilibre entre le jeu des percussionnistes n’est pas bien restitué et nous prive d’un effet stéréo qui aurait pu être exploité. Sur la marche finale, c’est aussi en place mais le jeu reste un peu timoré. Pour conclure, vous disposez d’un pupitre qui suit correctement la musique, mais dans la catégorie jugée on demande davantage dans la mise en valeur de celle-ci. Pensez à varier davantage votre jeu. Le pupitre est jeune et donc perfectible. Votre présence dans la 2B / 3A récompense votre travail de l’année. Il faudra essayer de confirmer l’an prochain, vous disposez d’une marge de progression importante ce qui doit vous encourager pour la suite.
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